19 juin 2015
La France championne du monde de longueur des process de recrutement !

Pourquoi les processus de recrutement sont-ils si long ? Altaide observe et déplore régulièrement la longueur des processus de recrutement. Les candidats nous en font régulièrement la remarque. Glassdoor a mené l’enquête au niveau international.

 

La France championne du monde de longueur des process de recrutement !

 

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Le constat de l’enquête est éloquent (voire dramatique) : des processus d’embauche de plus en plus longs et complexes partout dans le monde. Selon le rapport diffusé aujourd’hui par Glassdoor Economic Research, la situation a empiré ces dernières années. La durée moyenne du processus d’embauche est passée à 23,2 jours en 2014, soit une augmentation de 3,3 à 3,7 jours depuis 2010. Cette tendance se vérifie en Amérique du Nord, dans certaines parties de l’Europe (la France étant en tête) et en Australie quelque soit le poste, l’entreprise et le secteur. « A l’heure actuelle, l’allongement des processus d’embauche coûte cher aux travailleurs comme aux employeurs. Très peu de recherches ont été menées jusqu’à présent sur la durée des entretiens d’embauche du point de vue des chercheurs d’emploi et pour savoir dans quelle mesure les politiques RH des entreprises influent sur les retards dans la mise en correspondance entre offres et demandes », fait remarquer Andrew Chamberlain, économiste en chef de Glassdoor.

 

Pourquoi le processus d’embauche prend-il plus longtemps ?

Andrew Chamberlain répond à cette question en adoptant la perspective des candidats sur le processus. Cette étude, qui porte sur six pays, présente une analyse statistique des tendances des durées des processus d’embauche en utilisant une source de données unique : les comptes rendus d’entretiens d’embauche partagés anonymement par des chercheurs d’emploi sur Glassdoor. Le rapport évalue quatre domaines distincts : la durée moyenne du processus d’embauche au cours de l’année écoulée, les changements au fil du temps, les facteurs ayant contribué à l’allongement de la durée et les raisons de ces changements. En plus des différences entre pays, l’étude examine ces quatre domaines en fonction de la taille de l’entreprise, de son emplacement dans la zone urbaine, de son secteur d’activité et de l’intitulé du poste. Les durées des processus d’embauche varient, mais elles ont augmenté dans le monde entier.

 

La diversification des méthodes de sélection des RH a un impact sur la durée du processus d’embauche.

Même si les techniques d’entretien n’ont guère changé au fil des ans, les candidats à l’emploi indiquent une augmentation de l’utilisation de certaines techniques de sélection. Par exemple, aux États-Unis, la fréquence des contrôles des références des candidats a augmenté, passant d’après les candidats de 25 % en 2010 à 42 % en 2014. On fait la même constatation pour d’autres techniques : les vérifications des compétences (de 16 % en 2010 à 23 % en 2014), les tests de consommation de drogues (de 13 % en 2010 à 23 % en 2014) et les tests de personnalité (de 12 % en 2010 à 18 % en 2014). Ces « méthodes de sélection » additionnelles des employeurs ajoutent un allongement statistiquement significatif à la durée moyenne requise par les candidats pour suivre un processus d’embauche, jusqu’à une semaine dans certains cas. Dans la mesure où les employeurs pilotent directement leur processus d’embauche, c’est un facteur qui est entièrement sous le contrôle des services RH des entreprises et des services de recrutement.

 

La taille de l’entreprise, le secteur et la localisation comptent

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Les consultants d’Altaïde le constate tous les jours : plus nos clients sont importants en taille d’entreprise, plus le process est long. En moyenne nos clients startup mettent 8 jours pour rencontrer et signer avec un candidat qu’on leur présente, nos clients grands comptes autour d’un mois et demi !

L’étude Glassdoor le confirme : Les grandes entreprises et le secteur public prennent plus de temps La durée des processus d’embauche, du point de vue du candidat, s’allonge quand on tient compte de considérations relatives à l’employeur, telles que le secteur, l’emplacement des bureaux ou la taille des effectifs. Par exemple, les candidats à un emploi dans le secteur public indiquent des processus d’embauche les plus longs : 49,5 jours en Australie et 60,4 jours aux États-Unis. A l’opposé, les candidats à un emploi dans une franchise sont ceux qui obtiennent un emploi le plus rapidement – 8 jours en Australie et 10,6 jours aux États-Unis. Les employeurs ayant des effectifs de 10 à 49 personnes ont un processus d’embauche prenant entre 15,2 et 16,9 jours aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni. À titre de comparaison, pour les employeurs ayant plus de 100 000 salariés, le processus d’embauche prend entre 23,0 et 36,1 jours dans ces trois pays.

 

Conclusion il faut digitaliser et rendre agile les RH aussi !

Dans un contexte où la transformation digitale est dans toutes les bouches des dirigeants d’entreprises, c’est vraiment paradoxal de faire ce constat du manque d’agilité des process de recrutement et ressources humaines. Nos sociétés du CAC40 recrutent toutes des CDO (Chief Digital Officer) mais ont de sprocess d’un autre temps pour recruter les équipes digitales opérationnelles. Exemple classique (raconté régulièrement par des candidats) : 2 mois après avoir vu un manager sponsor du recrutement, vu entre temps 5 ou 6 autres personnes et ne toujours pas avoir de proposition d’embauche… comment voulez vous avoir confiance dans la capacité de changement véritable de l’entreprise en question ?