10 juillet 2012

Facebook lance un service de recherche d’emploi

L’ouverture de Facebook à l’emploi est un serpent de mer récurrent, mais il semble que cette fois-ci les rumeurs soient fondées, au point que l’action Linkedin a baissé de plus de 5% (toutefois sans confirmation officielle de Facebook). Il est évident que la puissance du réseau social pour diffuser des offres à travers ses membres est une arme considérable. « Facebook lance un service de recherche d’emploi » sera donc sans doute un jour une vraie nouvelle. ;)

 

Facebook se lancerait sur le marché des offres d’emploi avec des partenaires de son écosystème : Work4 Labs, BranchOut et Jobvite en particulier. Pour rappel, en octobre 2011 le site avait annoncé un partenariat avec le ministère américain du travail, en vue de développer un système permettant la diffusion d’offres sur sa plateforme. Pour les analystes, de nouveaux partenariats emploi pourraient permettre à l’entreprise d’accroître les usages du réseau mais aussi d’améliorer son image, alors que la question du chômage aux USA pèse de plus en plus.

 

Que pensez de tout cela ?

  • tout d’abord, il ne s’agit que d’une rumeur d’analyste : pas de fumée sans feu dit-on, mais restons prudents.
  • le recrutement sur Facebook, cela fonctionne déjà : l’étude JobVite 2012 montre en effet que 26% des recruteurs américains ont recruté sur Facebook (diffusion par salariés des offres, applications type Workforus ou Branchout, pages Fan dédiées…). Chez Altaïde en France, la diffusion des offres y marche de mieux en mieux.
  • l’emploi est un moyen de fidélisation des membres : avec une part grandissante des plus de 25 ans, il est logique d’imaginer des services captifs, et l’emploi en est un.
  • les cibles, plus que Linkedin, sont les jobboards classiques : Monster en tête qui, attaqué de toute part par les réseaux sociaux pros (Linkedin et Viadeo proposent des services emplois pour les recruteurs), est déjà officiellement à vendre et pourrait rapidement n’être intéressant uniquement pour sa seule base clients et candidats. Le modèle de Monster ayant de plus en plus de mal à fonctionner, l’intérêt du rachat serait de reprendre la base clients pour la transférer dans un autre service (Linkedin regarderait le dossier, dit-on).
  • peu de risques pour Linkedin : le réseau professionnel est clairement positionné cadre alors que Facebook plus grand public a un terrain de chasse plus proche des sites emplois généralistes.
  • pas d’affolement, Paris ne s’est pas fait en un jour : le recrutement sur Facebook démarre juste en France. Pour le moment ce qui fonctionne bien, c’est le réseau recruteur et/ou salarié (exemple Page Altaïde et compte Jacques Froissant), les pages Fans (Danone, L’Oréal,…), et l’insertion d’annonces dans des pages Fans à vocation commerciale.
  • le résultat des applications Workforus ou Branchout est plus mitigé : satisfaisant pour Workforus sur les sociétés à forte visibilité, le modèle reste à prouver pour une PME. Branchout ne décolle pas vraiment. Supporté par Facebook et mieux intégré, la donne changerait certainement plus vite pour ce service.

 

Conclusion : le social recrutement est définitivement en marche ! Quoiqu’il advienne des ambitions de Facebook sur le sujet, la donne du recrutement est en train d’évoluer très vite. Les DRH et recruteurs d’entreprise doivent adapter leur marketing employeur à ces évolutions en intégrant l’approche social recrutement (voir l’offre de formation Altaïde sur le sujet).

 


Publié par : Jacques Froissant

Les commentaires

  1. Alosia dit :

    Merci pour cet article. Je ne suis pas persuadé que le rôle à jouer de FB sur l’emploi se fera sur un modèle « joboard classique ». Il reste à définir. Le public de FB est avant tout motivé par l’aspect social et il reste à prouver, comme le disait Grangeon cité je crois par le site du Point, que la motivation comportementale liée à la sphère intime qui fonderait l’usage de FB puisse réellement être dépassée, afin de permettre à FB de faire de son extraordinaire base de données un modèle business solide.

  2. MarcD. dit :

    Merci Jacques pour cet article très intéressant.

  3. Eric dit :

    Merci et bravo pour cet essai utile de prospective. Il manque à certains de nos décideurs la bonne habitude d’envisager à l’avance les différents scénarios que les nouveaux usages numériques produisent comme changement sur nos pratiques métiers. Étudier les possibles évolutions des acteurs de son écosysteme numérisé est une excellente posture agile pro-active pour éviter de prendre des décisions à chaud qui finalement ne corrigent le désequilibre prévisible qu’avec des licenciements perdant à chaque fois une partie du capital talents de l’entreprise.

  4. concilieo dit :

    Merci pour cet article

    Quelle pourra être la place de ce service pour certains secteurs plus artisanaux que ceux du web ou du marketing ?

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